Carnet de notes de Florence Trocmé

Ses cheveux brûlent

 

 

SES CHEVEUX BRÛLENT
Route ou ronde de nuit, mêmes phares balayant le noir, même regard hagard scrutant tout ce sombre, ciel et mer et nuages, pressés pressants, le grondement des eaux et le ronflement des flammes et la boue qui s’élance à l’assaut des hameaux – ses cheveux brûlent et sa bouche se remplit d’eau et de vase et ces détritus ces débris et déchets, carcasses de fer et de chair chassées par le courant, en courant il faudrait fuir mais en courant personne n’a jamais fui la mort quand elle est là – ses cheveux brûlent, sa bouche s’emplit d’eau, elle étouffe, elle s’enlise, statue de boue, statue de sel.

©florence_trocmé

 

 

Source : poezibao.typepad.com