Poezibao à la bibliothèque Vaugirard
Belle soirée malgré une assemblée trop peu fournie, eu égard à l’énergie dépensée (pour la soirée et pour le site !) à la bibliothèque Vaugirard hier soir. Soirée en trois temps, lecture de Marie-Claire Bancquart, puis présentation de Poezibao et enfin le Musipoème, œuvre commune de Marie-Claire et de son mari Alain Bancquart. Œuvre composée non pas en prenant des poèmes pour les mettre en musique mais en partant d’une lecture des textes faite par Marie-Claire, traitée ensuite par ordinateur pour en relever les intonations et les rythmes les plus fins. A partir de ce matériau-là, Alain Bancquart a composé une œuvre pour guitare (électrique). Hier, ne pouvant disposer du musicien, la partie musicale était diffusée à partir d’un CD piloté par Alain qui en suivant sa partition, indiquait au fur et à mesure à Marie-Claire quand elle devait « entrer » sur la musique, avec ses textes. Donc une conception particulière et originale du travail poète et musicien (Alain Bancquart dans sa courte introduction a souligné à quel point en général le texte est martyrisé par le musicien et qu’il devient la plupart du temps très difficile d’en saisir quoi que ce soit !). Quelques inquiétudes dans l’après-midi précédant la soirée sur le matériel fourni par la bibliothèque mais tout est arrivé en temps y compris un homme charmant qui l’a monté et qui est resté présent pendant toute la soirée.
Parfois le soir, besoin de mots
Parfois le soir, besoin de mots à soi, juste à penser, parfois à écrire. Mots à soi, à soi dits, mots pensés rien que pour soi, pensées douces à tourner dans tous les sens, consolation et bercement. Parfois cette envie, le soir, de mots-soi, quitter les mots-eux, quitter les pages, quitter les livres, quitter ce flux d’eux et rentrer dans son gave, de plein pied, ses mots propres, noms propres, goûts propres, jeu de construction à agencer à son gré, agréant à soi seul, seulement par soi sans sens, sans son, sans sa, sans leur. Sans leurre et sans reproche. Pas repris pas boomerangués, juste à soi. Dits à soi seul au fin fond, écrits pour soi, mots à soi seul, berceuse avant la nuit.
Refaire ses pensements le soir.
(13 janvier 2008, en écho à note d’hier, « Fixe, silence »)
©florence trocmé