Carnet de notes de Florence Trocmé

Voiles sans bateau

 

 

VOILES SANS BATEAU 
Vers le fond, ouvrir une percée dans le noir, la masse compacte et hermétique – toucher lent en caresse à fleur de roche, ne rien brusquer, à l’affût posté et captant – dans l’effleurement se glisser, embarquer, le navire a surgi du sombre – et toi pied à bord, enjambée la masse noire, nuit ou mer même noirceur menace – effroi, froid, ombres effilochées affleurant, effleurant le visage – est-ce vent, est-ce souffle, est-ce caresse ou sort jeté ? – ô ces présences fantômes, ces drapés sans corps, ces voiles sans bateau, tout passe et glisse, tout n’est que fuite diaphane, aurore boréale, lambeaux de brume − paysages et visages délavés par l’érosion et le sable du temps – tout se consume à vue, seule demeure la réminiscence en draps de deuil.  

 

 

Source : poezibao.typepad.com