Cet enfant qui parle avec son père, en attendant l’ascenseur, surgis tous les deux du fin fond du parking, leur voix qui s’approchent en un babil (Babel) incompréhensible. Le débit accéléré de l’enfant. Irrésistible impression d’un jeu. L’enfant joue avec la langue.
Se souvenir de l’impression produite par certains mots, de leur ressassement étonné et délectable dans l’enfance, noms propres, lieux-dits, mots pas encore intégrés au vocabulaire. La donne des mots, chez l’enfant. Le fondement de l’amour de sa langue. Le bonheur des langues étrangères, celles que l’on connaît un peu, et comme aujourd’hui celles qui sont vraiment étrangères. Sentiment d’étrangeté à voir l’autre parler sa langue (comment peut-on être persan ?), jalousie parfois de le sentir la posséder, d’en être exclue. D’être étrangère à cet langue-là.
©florence trocmé