Carnet de notes de Florence Trocmé

Lumière 45 : trois lumières

De quelques lumières, en correspondance avec Frédéric-Yves Jeannet

Il y a le soleil noir de la mélancolie, l’excès de lumière (blafarde, mais pas nécessairement, elle est toujours dure et tranchante). C’est un couteau, lame qui coupe, qui scinde, qui tranche, qui rompt l’oscillation vitale de l’âme, qui tétanise sa vibration.

Il y a la lumière blanche diffuse qui uniformise toutes choses, suaire, dévitalisation du monde, chape d'ouate pire que chape de plomb qui emmaillote l’esprit comme momie. L’âme-momie dans son linceul de laitance séchée.Os de seiche ?

Il y a la luz del mundo*  la lumière de vie, associée souvent à l’humidité en suspens dans l’air qui fait de chaque centimètre cube de l’espace un arc-en-ciel inapparent mais opérant, un prisme où vibrent le spectre de la lumière et ses composantes. Cette lumière-là enlumine, danse, sculpte, elle caresse l’âme et apaise le désespoir. "Chantons le deuil de la lumière & la consolation de la lumière retrouvée qui nous sert d'astrolabe après le deuil, dans les typhons &  tempêtes"**
©florence trocmé

*Titre d'un récit de Frédéric-Yves Jeannet, publié en espagnol, à Mexico, en 1996
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Frédéric-Yves Jeannet, La lumière naturelle, Esquisses d'un livre futur, Galilée, 2002, p. 27

Source : poezibao.typepad.com