Dessiccation (Christian Hubin)
A propos de Crans, le précédent livre de Christian Hubin, je relève ces mots, dans une note de Laurent Albarracin : « Il semble que le poète travaille par dessiccation : il expose son poème à la brûlure d'un soleil métaphysique, et la langue est réduite à ses plus fines particules, à ses plus invisibles attaches. » (ici)
Et il ajoute : « Mais d'abord, faut-il interpréter les poèmes de Christian Hubin ? Faut-il traduire leur laconisme radical en langage courant, en prose ? Tout nous inciterait plutôt à nous en abstenir, et d'abord les propres mises en garde de l'auteur. Il est évident que chez Hubin l'obscurité des poèmes n'est pas un revêtement, un codage dont il faudrait et dont on pourrait extraire le sens du poème sans dommages, sans justement le rater, parce qu'on l'expliquerait alors qu'il faut plutôt le saisir dans son implication, dans son resserrement. Si le poème est bardé de son obscurité, c'est que celle-ci est un hérissement qui lui est intrinsèque, constitutif. »
→ Ne parlais-je pas de sens qui perce, comme le soleil dans la masse des nuages ?
Laurent Albarracin dit encore de ces textes de Christian Hubin qu’ils sont « très physiques, noueux, contractés comme muscles ». J’avais pointé aussi de mon côté leur côté quasi organique, avec un recours fréquent au vocabulaire de l’anatomie ou de la médecine.
Remarquable encore ce qu’il écrit ici : « La solution interne au problème du langage, la poésie, serait peut-être de tenir la contradiction, dans une perpétuelle indécision, un sempiternel balancement, à travers des images qui mobilisent sans cesse l'autre dans le même, et le raté, le loupé, dans la tentative » et qui s’il s’applique parfaitement à Hubin va encore au-delà et rend compte de ce qu’il m’arrive d’appeler l’aporie constitutive de la poésie, dire ce qui n’est pas dicible. « la tâche du poète revient à épouser l'écart qui définit la langue, son inaptitude foncière à donner le réel. Non pas pour réduire ou combler cet écart, ce qui est strictement impossible aux yeux d'un Christian Hubin, mais bien pour l'incarner. Et c'est pourquoi sans doute les images du poète sont si difficiles à « traduire » : parce quelles sont précisément des figures de l'intraduisible, de l'impossible passage, de l'intransigeance des choses. »
Les « infinies réalités » du poème (C. Hubin)
Je reprends cette superbe citation de Hubin donnée par Laurent Albarracin dans son article sur Crans :
« Le sens immédiat du poème importe moins que ses infinies réalités, que ce séisme dont il secoue. Plus qu'il ne donne à lire, le poème donne à voir dans l'aveuglement, à voir aveuglément, à perdre, à se perdre. Sa lisibilité vraie est dans l'illisible, son sens est sa rature même » (Christian Hubin, La Forêt en fragments, José Corti, 1987, p. 28.)
→ Je la reprends pour sa beauté, sa portée, parce qu’elle m’aide aussi à mieux lire d’autres poètes. Je pense ici encore une fois à Philippe Jaffeux, mais je pourrai aussi citer Boris Wolowiec, Fabienne Courtade, Esther Tellermann et bien d’autres. Ceux dont la poésie n’est pas monodique mais écho d’infinies réalités.
L’inévaluable (P. Quignard)
Ce beau terme d’inévaluable chez Pascal Quignard. Notion qui serait à opposer, tranquillement, à tous ceux qui prétendent tout chiffrer, tout monnayer, tout expliquer et surtout tout jauger. Jauger, juger, juguler. Pour preuve de la rareté de la notion et du mot, le dictionnaire du traitement de texte ne le reconnaît pas. Le TLFI non plus au demeurant. « Inévaluable est la nature ? Inévaluable est le ciel. Inévaluable le feu qui bout au centre de la terre. »
→ Ce qui est réconfortant, eu égard à ces dimensions (le feu au centre de la terre..) c’est que même si l’homme applique des chiffres à certains phénomènes, le cerveau et la conscience humaine sont incapables de les appréhender, faute de repères. Qui peut dire qu’il ressent, concrètement, ce que c’est qu’une année-lumière, ou bien ce que représentent pour lui les milliards de milliards de galaxies contenant elles-mêmes des milliards d’étoiles de l’univers, ou les milliards de milliards et plus 1013 de bactéries, archées, protistes, fundi et autres abrités dans un seul intestin humain (nous sommes un zoo !). Ces ordres de grandeur me semblent totalement hors de portée de l’esprit humain, fut-il lui-même riche de 100 milliards de neurones.
Il y a aussi bien sûr ce qui est inévaluable non pas quantitativement mais qualitativement. Ne parle-t-on pas de quelque chose qui est inestimable ?
Du jugement
Et bien sûr depuis que j’ai ouvert le livre de Quignard, j’entends la parole du Christ rapportée par Luc, VI, 37, (reprise aussi par Matthieu, VII, 1) : « ne jugez pas et vous ne serez pas jugés » et un peu plus loin la fameuse histoire de la paille dans l’œil du voisin et la poutre dans le mien.
Quignard cite, lui, Jean VII, 24, en latin : Nolite judicare : Judicium judicate. Ne jugez pas, jugez d’abord le jugement. »
Il ajoute qu’en grec ancien « juger » a le sens de « l’hégémonie sur » : « juger cherche à exercer une autorité sur les individus afin de les contraindre. Juger affirme sa domination sur les œuvres soit afin de les interdire [...] soit afin de les faire brûler pour en anéantir à jamais la corrosivité. » Règne de la censure et des autodafés.
Juger le jugement, voilà un bon antidote pour combattre la véritable pulsion à juger qui me semble au cœur de l’humain. Avec toujours à l’arrière-plan, la comparaison, la jalousie, le mimétisme (plus d’une fois, ici, lisant Quignard, j’ai pensé à René Girard).
« Si créer, penser, enquêter, c’est trahir, alors juger, porter un jugement, faire un éditorial, c’est être fidèle. La fidélité est toujours familiale ou sociale ; elle n’est pas de l’ordre de la pensée, elle n’est pas de l’ordre de la quête dans la forêt, du saut dans l’inconnu, de l’aventure dans le désert, sur la pente de la montagne, dans l’exhaussement de l’à-pic, le vertige, le saltus, l’outfield, le no man’s land. »
Et s’il fallait être plus clair encore : « Nous soutenons des opinions par affection pour notre dépendance mais la pensée – qui est allergie à l’allégeance – dément le jugement et ne "soutient" rien qui ressortisse à l’odre de la loi. ». (p. 512)
Jeu de l’oie, case départ, penser (P. Quignard)
« Dans le jeu de l’oie celui qui sort de prison repart à la case départ. C’est penser. [...] Celui qui oublie le jugement repart à la case départ de la découverte, de l’expérience, de l’expédition, de l’effroi, de la carence, de l’excitation. » (p. 51)
→ Quignard est sorti en 1994 de la prison de toutes ses fonctions, dont certaines fort honorifiques. Il est sorti de la prison du devoir juger. Mais il a de ce fait connu, inévitablement, la carence (du pouvoir), l’effroi et l’excitation.
→ Penser est cesser de juger. Repartir de la case départ (ce que fit Descartes), remonter à contre-courant, à rebrousse-poil en poussant devant soi les dominos dressés de tous les préjugés, les bien-nommés. C’est ne plus se fier. A rien ni à personne. C’est expérimenter mais en étant conscient de l’immense difficulté car chaque liaison (ne serait-ce qu’entre les mots) est conditionnée. Tout en nous est le fruit d’un conditionnement magistral par l’éducation et le contexte. Réflexes conditionnés.
→ Regarder par exemple de vieilles actualités. Tout nous paraît risible et tout particulièrement les coupes de cheveux ou coiffures et les voix (débit et intonation). N’est-ce pas assez souligner la force du conditionnement par le contexte de l’époque donnée, l’artificiel donc ? Prenons nous tels que nous sommes, avec nos coiffures et nos voix et regardons-nous depuis vingt ans plus tard.
Penser, encore (Quignard et Descartes)
« Penser s’étonne, chancèle, hésite. Finalement dépayse en augmentant l’énigme »
Ce que devrait faire aussi toute lecture de quelque portée.
Mais à condition d’abandonner le jugement : « Le pensée commence dans l’extinction du jugement. » Oui, Descartes en effet : « nous défaire de toutes les opinions que nous avons reçues jusque alors en notre créance. » (p. 53)
Christian Hubin (Laurent Albarracin)
« Le poème n’est pas ce qui viendrait pourvoir le monde d’une signification, ce qui viendrait le nantir d’un sens, mais ce qui permet de rencontrer « le monde encore au dépourvu, contenu sans lui. » C’est une poésie qui vise non à la plénitude mais à faire le vide (un vide sanitaire, un vide salubre en tout cas), qui cherche à conserver le manque comme gage de la réalité du réel, une poésie qui favorise non l’obtention mais l’abstention, qui préfère le chemin d’accès à l’accès, qui privilégie le détour, la suspension, l’amoindrissement plutôt que la réponse. » (ici)
La figure de l’idiot
J’aborde L’idiot musical, Glenn Gould, contrepoint et existence, d’André Hirt et Philippe Choulet.
Ce titre, L’Idiot musical, m’avait intriguée mais très vite André Hirt s’en explique de façon à la fois éblouissante et émouvante. Il y a une forte référence au Prince Mychkine, l’Idiot de Dostoïevski. L’Idiot c’est celui qui n’est pas comme les autres, qui n’est pas conforme, qui est en dehors du système, de la doxa. Celui qui est lui-même. « Écouter Glenn Gould, c’est écouter un Idiot musical, c’est avoir l’oreille pour un discours inouï, d’une singularité irréductible. La musique que joue Gould est immédiatement reconnaissable [...]. Elle fait effraction. Elle peut apparaître aussi incongrue que les interventions de l’Idiot de Dostoïevski sont perçues comme déroutantes et incongrues. » (p. 11) car en fait « L’Idiot exprime la nécessité irréductible d’une affirmation d’existence qui le traverse. » (p. 10). Le personnage de l’Idiot, ainsi entendu, apparaît toujours, dit André Hirt à la fin d’un processus, il fait irruption comme crise, il met en crise.
L’idiot n’est pas un naïf, « mais la voix par laquelle une situation conventionnelle est effondrée et renvoyée à l’inconsistance de l’assurance d’être pour elle-même son propre fondement. » (p. 14).
→ et pour accompagner la transcription de ces notes je choisis un disque de Glenn Gould jouant une Pavane de Byrd, une des musiques si chères à Pascal Quignard.
De l’humour (André Hirt)
S’appuyant sur le personnage de Glenn Gould, André Hirt écrit ensuite une superbe défense de l’humour. Il souligne que le trait fondamental chez Gould est la joie, une joie qui n’est pas de circonstance, qui ne dépend pas des conditions d’existence. Dès l’enfance, selon André Hirt, Gould aurait eu la « révélation d’un contenu spirituel de joie, de communication et de louange » qu’il voit à l’œuvre dans le fameux chantonnement du pianiste, qu’il réhabilite. Rien d’un tic, mais l’expression d’une manière d’être au monde.
Sans cesse revenant à ce qu’est l’Idiot, André Hirt écrit encore cela, très éclairant et pas seulement pour Gould (et ces propos ne sont pas sans rapport avec Critique du Jugement de Quignard) : « L’idiotie, l’idiomatisme théorique, l’idiosyncrasie existentielle tiennent de cette obstination qui réside dans le refus de la contamination. Que ce terme signifie l’influence, la dépravation, le devenir, la transformation, toujours il désigne l’exercice réussi d’une violence illégitime, une contagion empathique et emphatique. L’Idiot est celui qui [...] aura résisté à cela et qui sera resté tenu par son principe propre, parce que la nécessité de soi était plus forte que les normativités extérieures.
→ Cette opposition nécessité de soi / normativités extérieures. Certains s’inscrivent d’emblée ou très vite dans la nécessité de soi, ce sont souvent les artistes ; d’autres doivent d’abord apprendre à se défaire des normativités extérieures, pour mieux entendre la nécessité de soi. Pour être et agir selon ce qu’ils sont et non pas ce qu’ils sont supposés devoir être. Immense boulot, alors.
Les cicatrisés (Gould / Hirt)
« L’idiot est dans cette mesure la grande figure de la subjectivité et théoriquement la matrice de toute pensée comme de tout art. ». Une force devenue destin. Que certains vivent dans la douleur et le sacrifice, tels Pascal, Van Gogh, Dostoïevski, Nietzsche, Hugo Wolf, Kafka, les « déchirés », tandis que pour d’autres immenses figures elle se vit dans l’apaisement, la souveraineté apollinienne. André Hirt cite alors Descartes, Leibniz, Beethoven, Proust, Thomas Mann, Gould et il les appelle les « cicatrisés ». (p. 16)
Du chantonnement (Gould / Hirt)
« Il faut en effet reconnaître l’enfant dans l’Idiot ». Gould sera resté un enfant : « il a continué à jouer dans et avec le plus grand sérieux. Le chantonnement de Gould est ce lien indéfectible avec l’enfance et le contenu spirituel de l’hymne ».
Comment alors ne plus l’aimer ce chantonnement qui parfois a agacé lorsqu’on lit cela : « Il faut entendre la voix de l’Idiot dans le chantonnement de Gould. »
L’inoubliable (Gould / Hirt)
« Si le chantonnement est issu de l’enfance et fait lien avec elle, la musique est le medium de ce lien. En toute exactitude, la musique est la lumière du medium, la condition d’apparition du lien avec l’immortalité de l’inoubliable. La musique est l’espace pour une répétition du lien, tout comme le temps immobile de la musique, en creusant l’espace, fait surgir, en le nouant, ce lien. La musique est le lien avec l’inoubliable. » (p. 22)
→ paroles profondément bouleversantes pour qui est hantée par un chantonnement entendue pendant l'enfance et qui origine son amour de la musique dans ce chantonnement, dans son caractère douloureusement répétitif et dans le don que lui en fit l’être qui en était habité.
Des pages lues (Philippe Grand)
J’aborde un livre de Philippe Grand qui vient de publier ce Jusqu’au cerveau personnel (2003-2013) aux éditions Héros-Limite en même temps que Nouure (1984-1989/2009) chez Eric Pesty.
Et tout de suite, cette citation, superbe, qui me fait penser au flotoir et à tous ces cadeaux glanés dans les livres :
« Comme d’un sous-bois, avec une souche-à-gratter, ou avec un galet, d’une plage de galets, ou d’une grange effondrée, avec un clou ou quelque autre morceau rongé, d’une cave noire, d’une benne retournée, avec un os, un or qui jamais ne brillera que pour moi – j’aime revenir remonter ressortir avec un cadeau des pages lues. (Philippe Grand, Jusqu’au cerveau personnel, p. 7). et un peu plus loin « Physique ou scriptural, cadeau est l’objet en ceci que je ne l’aurais pu. Morceau de moi trouvé ou introuvable, il me rapproche d’où je suis ou va pour moi où je ne sais aller ». (p. 7)
→ Cette double nature des cadeaux des livres : parfois un miroir, parfois une carte. Ce qui me dit ce que je suis et que je ne savais pas forcément être, cela que je ne connais pas mais qui m’attire et dont le chemin m’est ouvert.
→ Collectes (cailloux), collectes photographiques (ruines, ombres, algues et lichens, figures cachées partout), collecte dans les livres (citations, extraits, pages).
Il semblerait que Philippe Grand collectionne, lui, « os, coquilles et carapaces » (p. 14)
Bonne question : s’agit-il de sauver ?
Question que se pose Philippe Grand à propos de ce qu’il a relevé dans ses carnets.
Le flotoir sauve-t-il quoi que ce soit…? « Rien de publié un jour n’attend de moi ». (p. 9).
Il y a chez Philippe Grand, semble-t-il, un puissant travail de nature poétique sur la citation. Comme en témoignent ces trois pages au dispositif particulier : en haut, un grand blanc et un semis de chiffres minuscules, en bas des citations, huit ou neuf, également dans une police très petite et tournant autour d’un même mot, d’un même thème. Ces petits chiffres éparpillés sur la plage me font songer à ces dessins proposés aux enfants qui doivent relier des nombres pour créer une figure.
Bonheur aussi de voir qu’en quelques pages à peine j’ai déjà croisés « mes » Paul Valéry, Pascal Quignard, Bernard Collin, même, bien plus rare…).
Pensée et écriture (P. Grand)
« Ce que l’on pense on l’apprend en travaillant à exprimer ce que l’on pense penser.
(La pensée écrite est le radical extrait de la pensée supposée. » (p. 14)
Vieillissement et photographie (P. Grand)
« Tu ne vieillis pas parce que nous vieillissons ensemble, corps et regard ensemble. Quand un rectangle de papier chimiquement douteux veut rajeunir l'œil, déchire l’idée de la photographie. » (p. 15)
→ Je l’entends ainsi : je ne me vois pas vieillir. Donc ce que me dit la photographie (formidable le papier chimiquement douteux !), si elle montre un vieillissement est faux. Dorian Gray ! : mon visage ne change pas, c’est la photo qui change à sa place.
Statistique (P. Quignard)
Quignard à propos de la statistique, dans le chapitre « Tribunal du temps » de Critique du jugement : « Une statistique est une règle de trois qui efface les singularités et produit une ombre terrible. En France le service national de la statistique fut créé par le gouvernement de Vichy. Il employait sept mille personnes en 1944. Ce service public avait la charge d’établir les fichiers recensant les "Juifs indigènes." »
→ Terrible et omniprésente statistique ! Elle efface toute singularité, elle ne prend pas en compte l’Idiot d’André Hirt, elle nivelle par sa règle, n’admet pas l’indispensable exception qui la confirmerait. Elle devient encore plus redoutable en ce temps de domination des algorithmes, du traitement informatisé des big data. Repérer la singularité (essentielle) sera comme chercher une goutte d’eau donnée dans l’océan.
Sortir du jugement, mode d’emploi (Quignard)
1. Quitte ce qui juge pour ce qui pense. 2. Quitte ce qui pense pour ce qui rêve. 3. Gagne le vide et le silence de la méditation.
→ Procéder à une sorte de veille, à boucle rétroactive, se voir juger, trancher, discerner et décerner, arbitrer… se voir assassiner, amocher, casser, détruire. Si souvent. Tenter de quitter le jugement pour une forme de constat. Non pas c’est bien ou c’est mal, mais c’est.
« Suspendez en vous le mouvement qui vous porte à juger » (p. 60), une sentence à petit air d’Évangile, aussi difficile à mettre en œuvre que les dites paroles d’.
Le paradoxe (Quignard et l’Idiot)
Paradoxa face à doxa. « Les paradoxes désignent les opinions particulières qui heurtent frontalement l’opinion générale. À peine des concepts. Presque des choses. Œuvres singulières qui fleurissent par surprise : inopinées. » (p. 58)
→ Nul doute que l’Idiot selon André Hirt soit paradoxal, qu’il énonce des paradoxes.
→ Le rejet spontané du paradoxe ! Je me souviens, enfant, de cet adulte tutélaire qui rejetait violemment une connaissance qui ne parlait que par paradoxes (et qui possédait un caméléon !). Cette connaissance possédait aussi, je l’ai appris beaucoup plus tard, cette édition CNRS en fac-similé, de l’intégrale des Cahiers de Paul Valéry qui m’a tant fait rêver et dont j’ai réussi à trouver, contre toute attente, une bonne quinzaine de volumes, éparpillés ici ou là, en ligne et chez un libraire d’ancien, par pur hasard.