photo Florence Trocmé
Vert des champs, comme toits de cuivre.
Neige à peine, bandes de couleur verte, très pâle,
brun très foncé des labours
graphismes des arbres
ourlets de neige
enclave de vert au coeur d’une terre noire
champs de neige et forêts sombresosmose en cours entre terre et ciel
Comme pour Réda, mon travail c’est de noter chaque motte, chaque brin d’herbe, chaque nuage (celui qui passe ici passera plus tard au-dessus de ta tête), « Sans oublier ma tâche absorbante : je dois/Tout voir et tout décrire, et que pas une branche,/Une fibre n’échappe à mon œil. »
Scarlatti, la pluie. Scarlatti la neige, Scarlatti, l’éclat de lumière. Dans l’eau.
La Nied française et la Nied allemande.
Maison vert pâle au fond d’un champ de neige. Des verts à faire mourir un aquarelliste.
Faire l’inventaire du monde, des brins d’herbe, des aiguilles de pin là-haut dans le repli de la forêt inaccessible, des écorces et des gouttes d’eau, les regarder, les compter, les peser, les nommer.
Damier blanc et vert, croupes arrondies flirtant avec le cotonneux sale des nuages.
Col de Saverne, passerelle à gibier, grès rose et neige, abrupt.
Scarlatti, Chritian Zacharias, insurpassable pour moi. Le piano, un vrai piano moderne, des couleurs à l’infini, un ruissellement de lumière, chaque note gorgée. Je ne retrouve pas cette sensation avec le beau disque de Planès, tout récent. Est-ce à cause du pianoforte ? Ecouter
©Florence Trocmé