Carnet de notes de Florence Trocmé

Irisation de l'obscur

 

 

Irisation de l’obscur

Le goutte à goutte, irisation de l’obscur, fugitive – ver luisant, puis un autre, s’allument comme étoiles, meurent comme elles – avancées à tâtons, voix exploratrice, un pas après l’autre, mots tentés comme coups de sonde – peur du noir, peur du vide, peur du choc – la résonance – lancer un mot dans le noir, écouter s’il revient, quelqu’un ?  un ? qu’un ? seul ? – longue chaîne des échos, paroles des parois, leurre dans la solitude – seul, échoïsé, le son revient, non neuf, non autre, non différent, c’est le même, c’est le miroir.
Et pourtant, là, ce qui s’avance ! Cette procession lente montant du passé, cette cohorte d’ombres, cette approche, cette menace, ce désir éperdu, l’autre, les autres, revenus, revenants, disparaissant, gonflement éphémère de la surface du temps, cloque sur le cloaque de l’englouti à jamais – dansent encore quelques particules électrisées, ionisation de vapeurs, explosions de boues saumâtres – retour au silence, à la solitude, insondables.

 

 

Source : poezibao.typepad.com