Carnet de notes de Florence Trocmé

Beromunster

Beromunster ! Hier soir entendu ce mot quelque part et soudain, flash-back éclair, les radios d'antan, ces énormes meubles qui comprenaient la radio, le tourne-disque avec quelquefois l'étrange dispositif qui permettait d'empiler plusieurs microsillons, deux gros haut parleurs, excellents au demeurant et l'indicateur de réglage avec ses deux bandes lumineuses vertes qui devaient se rapprocher, se toucher, attestant que la réception du signal était parfaite. Les marques, Telefunken, Grundig, Schaub-Lorenz. Et tous ces noms étranges sur le cadran et le gros bouton que l'on tournait et l'aiguille qui cherchait la radio suisse normande, la süddeutsche West rundfunk et les concerts retransmis… les premiers émerveillements musicaux, l'odeur même de l'appareil, son acajou pas joli joli qui jurait un peu dans l'appartement familial… et cette autre magie, celle des mots celle déjà des toponymes. Je donnerais cher pour revoir un de ces cadrans couverts de tous ces noms qui me paraissaient tellement exotiques. On me souffle le nom de Sottens (commentaires bienvenus sur ce sujet !). Je pense qu'il devait s'agir des ondes moyennes, la modulation de fréquence était encore peu fréquentée ; je ne me souviens plus des noms des stations nationales mais je me souviens qu'elles terminaient leurs émissions à minuit tapante et toujours par la Marseillaise ! J'étais une petite fille et je découvrais la musique et la radio. Je ne m'en suis pas remise.

Source : poezibao.typepad.com