Bach
Le bonheur d'un accord final chez Bach. Éprouvé hier matin, alors même que je ne faisais pas très attention à la musique. Soudain cette impression de résolution, n'est-ce pas d'ailleurs l'admirable mot qu'emploie la musique pour dire que tout ce qui harmoniquement s'est passé avant se résout, se détend dans l'accord final, selon tout un jeu de lois de composition.
Je pense aussi à la merveilleuse tierce picarde, tierce majeure dans un accord final qui devrait normalement être mineur, deux notes qui soudain ouvrent la fenêtre comme me le dit souvent mon professeur de piano. Car de quoi s'agit-il : de terminer en majeur un morceau qui est en mineur. Et oui, on a alors vraiment l'impression de ces trouées de lumière qui soudain se font dans un ciel sombre. Comme si Bach ne pouvait se résoudre à finir dans le sombre, le sans espoir, le triste, la non-espérance.