Jésus est sur la croix. Un petit oiseau gris tout à coup descend du ciel et volette autour de la croix. Il s’approche de Jésus et essaie à l’aide de son bec d’arracher le clou qui est à la droite du Seigneur et qui perce sa main.
Le clou bouge un peu ; le sang divin coule sur sa gorge ; il recommence encore.
Jésus ouvre les yeux, tourne son visage vers le petit oiseau gris, le regarde qui s’échine. A voix très basse il lui chuchote qu’en souvenir du secours qu’il a cherché à lui porter sa poitrine restera marquée de son sang jusqu’à la fin des temps, jusqu’à l’extinction du monde, jusqu’à l’engloutissement des oiseaux dans l’espace.
Pascal Quignard, Petits traités, XXIIe traité, Tome IV, Maeght Éditeur, 1990. Les Petits traités ont été republiés en folio en deux volumes (n° 2976 et 2977) et on trouve le Traité du Rouge Gorge à la page 531 du premier volume