Carnet de notes de Florence Trocmé

Lumière 46 : "dans le rouge du soir, les noms dorment*"

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Elle pétille de vie, elle est là. Droite quoique âgée. Digne quoique hantée. Il y a soixante ans, elle est revenue et elle a été transférée

au Lutétia.

Le plus dur, dit-elle, ce fut de se retrouver seule quand ses compagnes de camp sont parties avec leurs familles ou les lambeaux de leurs familles retrouvées.

Le plus beau, dit-elle, ce fut de regarder la voûte du ciel et les étoiles sans y voir le rougeoiement des crématoires.

*"In Spätrot schlafen die Namen", Paul Celan, de seuil en seuil, traduction de Valérie Briet, Bourgois, 1991.

Source : poezibao.typepad.com