Me réveillant à l’aube hier matin et laissant le jour lentement envahir l’espace de la pièce, je songe à ce poème de Marilyn Hacker, lu la veille « Through the steamed window on the garden comes/pearl dawnlight, lovely und unremarkable » « On voit venir à travers la fenêtre embuée du jardin/banal et si beau, tout nacré, le matin ».
Poème où il est question un peu plus loin des objets qui « changent tous de couleur comme la rivière/dans la mue délicate du jour qui caresse d’ouate [...] « « change like the color of river water/in the delicate shift to day. Thin fog/veils the hedges [...]
Je trouve la traduction de Jean Migrenne un peu précieuse, peut-être d’autant plus que je songe fortement en lisant cette évocation au terrible « lait noir de l’aube » le « Schwarze Milch » de la Todesfuge de Paul Celan. « Lait noir de l’aube nous le buvons le soir/le buvons à midi et le matin nous le buvons la nuit ».
©florence trocmé
Lumière 41
Source : poezibao.typepad.com