Carnet de notes de Florence Trocmé

La triple hélice de l’ADN

Hélice d’angoisse surtout en fait, et non pas refonte de la biologie moderne ! Mais je suis frappée par la triple irruption du dit ADN dans l’actualité.

Première occurrence bien sûr cette terrible et macabre recherche sur les cadavres inidentifiables rejetés par la mer après les tsunamis. Prélèvement d’ADN, pour tenter une difficile identification et permettre aux proches des victimes de « faire leur deuil », selon l’expression utilisée à tort et à travers partout, utilisée de telle sorte qu’il semble à chaque fois que faire son deuil vaut exact équivalent de se débarrasser du chagrin.

Deuxième occurrence tout aussi terrifiante : ces neuf couples qui revendiquent le même bébé, là-bas encore. Petits orphelins que l’on s’arrache, des proxénètes approvisionneurs pour l’effroyable « tourisme sexuel » aux beaucoup plus respectables parents occidentaux en mal d’adoption mais pas toujours très regardants sur la façon dont les enfants leur sont proposés, ni sur le bien réel de ces petits. Donc neuf mères qui se disputent le même bébé ! Comment ne pas penser à Salomon et à son fameux jugement pour départager deux femmes qui se disputaient un même enfant (I Rois, 3, 16-28) « coupez en deux l’enfant qui vit et donnez en la moitié à l’une et la moitié à l’autre ». Sauf qu’aujourd’hui ce n’est pas l’épée qui peut trancher, mais une fois encore l’ADN. Précision pragmatique du journaliste : c’est long et c’est cher.

Troisième occurrence, dans un registre moins grave peut-être : la recherche de paternité qui fait les beaux jours de laboratoires d’analyse allemands. (Le monde, samedi 15 janvier, page 4). Car comme chacun sait si la maternité est une certitude, la paternité est une probabilité. Était une probabilité, car désormais, via l’ADN, le père qui a des doutes peut savoir si oui ou non l’enfant est de lui. Et on apprend dans la foulée qu’en Allemagne, 10 % des petits seraient des « enfants-coucous », du nom de l’oiseau qui fait couver ses œufs par un autre ! Heureusement en Allemagne les associations féministes veillent au grain et veulent faire voter une loi pour limiter le recours à ces tests. Précision : en France, ils sont interdits en dehors d’une procédure judiciaire.

©Florence Trocmé

Source : poezibao.typepad.com